ACTUS LOCALESÉVÉNEMENTSPORTS

Jeux du pacifique 2027 : « Nous avons revu la copie Fritch »

L’enveloppe estimée à 30 milliards a été sérieusement revue à la baisse : « de 50% », annonce la ministre des Sports, de la Jeunesse et de la Prévention de la délinquance, Nahema Temarii. La visite du Pacific Games Council a été l’occasion de revoir le contrat pour l’organisation des Jeux du Pacifique de 2027.

L’après-Jeux du Pacifique est au cœur de l’organisation de ce grand événement sportif et semble finalement la préoccupation principale du gouvernement Brotherson. Après la visite des différents sites et infrastructures sportives du Pays par le Pacific Games Council, guidée par le Comité olympique de la Polynésie française, une conférence de presse était organisée pour présenter la vision de ceux qui gèrent et organisent ce grand rendez-vous olympique. Le président, Lakham Vidhya, s’est dit satisfait de ce qu’il a vu et a surtout rassuré le pays : « Nous sommes conscients que ces Jeux sont très chers mais il n’est pas besoin de construire de grandes infrastructures difficiles à entretenir. Nous sommes heureux d’avoir revu la liste des structures utiles pour l’événement. » De quoi satisfaire la ministre des Sports, de la Jeunesse et de la Prévention de la délinquance, Nahema Temarii, qui souhaitait « donner du sens au projet ». « Maintenant que nous avons la confirmation d’être sur la même longueur d’onde en termes de vision. Le président du Pacific Games Council qui détient cette fameuse organisation et qui est en capacité d’attribuer une candidature, est venu nous dire qu’il a vu certains pays construire des infrastructures pour les Jeux et qui ensuite ne servent à personne et restent désertes et qu’il nous a dit que ce n’était pas son souhait pour les Jeux du Pacifique, ça tombe bien, ce n’est pas le nôtre non plus. »

Performances sportives et objectifs socio-éducatifs

Pas question donc de dépenser l’enveloppe de 30 milliards prévus par le gouvernement Fritch. Certaines infrastructures prévues dans le projet ne verront donc jamais le jour comme le centre aquatique Aorai. « Il n’est pas question de construire des choses disproportionnées, nous voulons remettre le projet à échelle humaine. Mais il faut garantir l’alignement aux normes internationales de nos structures et faire de ces jeux un tremplin pour les améliorer », précise la ministre. Il y aura donc des rénovations, notamment une piste en tartan au stade de Hitia’a ou encore la rénovation de la piste du stade Pater en mauvais état depuis plusieurs années. La liste complète n’a pas été dévoilée car certains ajustements doivent encore être faits. La ministre souhaite surtout trouver l’équilibre entre la performance sportive et les objectifs socio-éducatifs du gouvernement. « Maintenant, on a la bénédiction du Pacific Games Council de créer des choses qui vont demain servir à la population. Nos infrastructures qui sont sous la tutelle de l’IJSPF sont socio-éducatives. Il n’y a pas que le sport qui les utilisent et il faut que ça continue. Il y a aussi les associations de jeunesse et c’est important qu’on les remette au cœur de nos préoccupations et les établissements scolaires. »

Que les entreprises financent le sport

Le financement reste au cœur des préoccupations avec notamment une solution peu utilisée à Tahiti : « le naming ». « L’idée est de faire participer une entreprise, qui a les moyens de venir injecter de l’argent, et en contrepartie on lui vend le nom de l’établissement et là on a ANZ Stadium à Auckland, Vodafone Arena, donc c’est une pratique courante. » Pour la ministre, c’est l’occasion pour les entreprises de prendre leurs responsabilités sociétales et pour les infrastructures de trouver de quoi financer leur fonctionnement. « Je pense que le pense que le sponsoring, le marketing et le TV right holding, l’achat de droits télé, c’est ce qui finance le sport, en France et dans le monde entier donc c’est nécessaire. » Mais aucune discussion n’a été entamée avec qui que ce soit, assure Nahema Temarii. Enfin, côté sport, car c’est quand même le principal sujet des Jeux, le gouvernement est prêt à accompagner et soutenir les athlètes polynésiens dans leurs recherches de performances. « Ce n’est pas au gouvernement de dire on fait ça mais de travailler tous ensemble, et surtout de demander aux fédérations : vous voyez où dans cinq ans, dans dix ans ? Le gouvernement est obligé de mettre la main à la poche. Je pense que tous les athlètes méritent d’être accompagnés et supportés. J’ai besoin d’objectifs et de garanties et j’aimerai qu’on fasse preuve d’humilité au moment du bilan pour dire : là, ça ne fonctionne pas, c’est pas grave, on réajuste, où on va, comment on fait. C’est peut-être ça qu’il faut réussir à insuffler avec le COPF dans notre mouvement sportif. »

Article précedent

XV de France : Yoram Moefana, la revanche d'un guerrier du Pacifique

Article suivant

Foncier, nature, culture, étudiants : les multiples casquettes d'Éliane Tevahitua

1 Commentaire

  1. […] déjà affirmé en septembre par Nahema Temarii, lors de la visite du Conseil des Jeux du Pacifique. À l’époque, la ministre avait annoncé un budget raboté de « 50% ». Ce sera finalement un peu moins : de 30, l’enveloppe consacrée à Tahiti 2027 passe à 18 […]

Laisser un commentaire

PARTAGER

Jeux du pacifique 2027 : « Nous avons revu la copie Fritch »